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	<title>mirandole</title>
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	<description>quels concepts pour quels savoirs</description>
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		<title>Les dix textes fondamentaux des penseurs de l’Internet</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 16:40:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà quinze ans que je suis du mieux que je peux la vie du Web. Quinze années, parfois très intenses, comme journaliste ou entrepreneur. Depuis que j&#8217;interviens à l&#8217;université et au CNA-Cefag (2007), je m&#8217;efforce d&#8217;identifier ce qui peut nous aider à comprendre  Internet. Je remercie Calixte Tayoro, vieux camarade cybenéticien, de m&#8217;avoir soufflé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Voilà quinze ans que je suis du mieux que je peux la vie du Web. Quinze années, parfois très intenses, comme journaliste ou entrepreneur. Depuis que j&#8217;interviens à l&#8217;université et au CNA-Cefag (2007), je m&#8217;efforce d&#8217;identifier ce qui peut nous aider à comprendre  Internet. Je remercie Calixte Tayoro, vieux camarade cybenéticien, de m&#8217;avoir soufflé l&#8217;idée toute simple mais inédite d&#8217;un </em><em>reader digest des textes fondamentaux d&#8217;Internet.</em></p>
<p><em>Je tiens ces dix textes pour fondateurs d&#8217;un mouvement de pensée qui accompagne la naissance d&#8217;Internet. Comme ce mouvement de pensée n&#8217;a pas encore de nom, ni d&#8217;ailleurs de maître à penser, je dirais que les auteurs de ces textes forment un groupe que l&#8217;on pourrait appeler : </em><em>les présocratiques du Web.</em></p>
<p><em>Le texte ci-dessous est un court préambule destiné à esquisser quelques uns des enjeux historiques et intellectuels dont il est question. Vous trouverez ensuite la liste des dix textes, avec un lien vers le texte original et un lien vers la notice bibliographique que j&#8217;ai rédigé pour l&#8217;occasion.</em></p>
<p><strong>En juillet 1945</strong>, alors que la seconde guerre mondiale touche à sa fin, le mensuel <em>The Atlantic Monthly</em> &#8211; référence culturelle de la côte Est américaine, fait paraître un assez long et étrange texte intitulé : “<em>As we may think</em>”. <strong>Vannevar Bush</strong>, l’auteur de ce texte est un inconnu pour les lecteurs de cette revue presque centenaire à qui l’on doit d’avoir publié en premier Mark Twain. Ingénieur du <strong>Massachusetts Institute of Technology</strong>, né en 1890, Vannevar Bush a fait l’essentiel de sa carrière au sein de laboratoires de recherche de pointe et jamais bien loin des autorités fédérales et du secrétariat à la Défense.</p>
<p>Quand il publie son texte dans la prestigieuse revue, Vannevar Bush est à la tête de la recherche militaire américaine. En tant que patron de l’<strong>OSRD</strong>, il coordonne les travaux de plus de 6 000 chercheurs. Malgré la charge qui est la sienne à quelques semaines de l’aboutissement final du <strong>projet Manhattan</strong> et de l’explosion de la première bombe nucléaire sur la ville japonaise d’Hiroshima, il prend la peine de collecter ses notes pour mettre en forme une vision qui influencera de nombreux chercheurs après lui.</p>
<h3>De la bombe A à l&#8217;information en réseau</h3>
<p>“<em>As we may think</em>” est à la fois une revue de détails des principales avancées techniques de son époque mais également et surtout un plaidoyer pour la mise en commun des savoirs et des esprits par le biais d’une nouvelle invention. L’invention de Vannevar Bush est le <strong>Memex</strong> en qui l’on reconnaît l’ancêtre de l’ordinateur individuel.</p>
<table style="height: 336px;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="683">
<tbody>
<tr>
<td width="230" valign="top">
<p style="text-align: center;"><img class=" aligncenter" title="Le Memex imaginé par Vannevar Bush" src="http://www.heise.de/tp/r4/artikel/14/14903/14903_1.jpg" alt="Le Memex imaginé par Vannevar Bush" /></p>
</td>
<td width="230" valign="top"><em>Fig1   &#8211; Le Memex sous la forme d’un bureau. A gauche l’opérateur scanne par le   biais d’un appareil à microfilm les documents. A droite, à l’aide du clavier,   il les indexe. Au centre, il les consulte.</em></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Particularités du Memex, il permet à la fois d’indexer des documents et de les ordonner comme on le souhaite, mais aussi de les partager avec d’autres utilisateurs. Dans les dernières lignes de son article, Vannevar Bush dit sa conviction que le monde complexe créé par l’homme implique que la machine le supplée pour qu’il puisse préserver son cerveau de la surchauffe. Mais c’est surtout l’ombre de l’apocalypse nucléaire qui le préoccupe. Son invention semble n’avoir été motivée que pour contrecarrer les desseins d’une humanité destructrice. Le Memex est tout ce que Vannevar Bush a pu faire pour sauver l’homme de sa propre folie.</p>
<h3>De l&#8217;information en réseau à la fin du paradigme scientifique</h3>
<p><strong>Soixante-trois ans plus tard</strong>, <strong>Chris Anderson</strong>, le rédacteur en chef de <em>Wired</em>, magazine de la côte Ouest qui chronique depuis 15 ans les riches heures de la Silicon Valley, signe un long et étrange article intitulé : “<em>The end of Theory, The Data Deluge Makes the Scientific Method Obsolete</em>”. Chris Anderson, d’abord physicien avant d’être journaliste (Science, Nature et The Economist), propose rien moins que de réviser de fond en comble le modèle épistémologique des sciences expérimentales. Toutes les machines mises en réseau selon le schéma anticipé par Vannevar Bush sont à l’origine d’un changement d’échelle statistique. Plus besoin de modèle logico-déductif, « a<em>vec suffisamment de données, les chiffres parlent d’eux mêmes </em>»<a href="#_ftn1">[1]</a>, écrit Chris Anderson, qui, exemples scientifiques à l’appui, conclut son article sur cette phrase cinglante : « <em>il n’y a plus de raison de s’accrocher à nos vieilles habitudes. Il est temps de se demander : qu’est-ce que la science peut apprendre de Google ? </em>»<a href="#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>Entre ces deux moments, l’histoire d’Internet s’est écrite année après année en suivant les intuitions et les idées de chercheurs, informaticiens, romanciers, poètes, philosophes, musiciens, juristes ou hackers. Il s’agit de vrais penseurs, mais des penseurs qui n’écrivent pas seulement des livres pour se faire entendre. Ils écrivent aussi des programmes. Des programmes, informatiques ou non, conçus pour que leurs idées se répliquent d’elles-mêmes. Cette approche les exclut a priori du champs universitaire, or c’est pourtant là que se fonde leur originalité. Penser après la seconde guerre mondiale n’est plus possible sans penser aussi les moyens du changement et les éprouver à l’échelle 1.</p>
<h3>A la quête d&#8217;un langage universel pour organiser les connaissances</h3>
<p><strong>Ces dix textes constituent un bagage intellectuel indispensable pour l’honnête homme du XXIe siècle</strong>. Ces penseurs à qui il a été donné à la fin du siècle dernier de réfléchir sur les machines comme outil de communication avaient un dessein. Éviter une troisième guerre mondiale fatale à l’humanité, certes, mais aussi donner aux hommes les moyens de partager leurs connaissances de telle sorte que l’ignorance ne soit plus source d’inégalités ou de souffrance. Aussi techniques soient-ils, les textes de <strong>J.C.R. Licklider</strong>, <strong>Tim Berners-Lee</strong> ou <strong>Eric S. Raymond</strong> ont d’abord été écrit pour expliquer par le détail les conditions de possibilité d’un tel système. De l’héritage philosophique des modernes, ils retiennent des principes dérivés de l’idée d’universalité : le système devra être standard, ouvert et interopérable. Internet n’est rien d’autre que l’extrapolation, d’abord expérimentale puis planétaire (Licklider dirait galactique), d’un outil standardisé de partage des connaissances, modifiable librement à condition de le garder ouvert à d’autres modifications.</p>
<p>La densité novatrice de ces écrits est probablement telle qu’il faudra encore des décennies pour en saisir toutes les conséquences. En posant les principes techniques d’une pensée en réseau, ils nous ont donné l’équivalent de ce qu’<strong>Euclide</strong> fit avec ses Éléments pour la géométrie : un langage universel pour décrire les connaissances.</p>
<p><strong>Auteur</strong><strong>(s),	<em>Titre</em>,	Année,	Editeur, <em>notice</em><br />
</strong></p>
<ol>
<li> Vannevar Bush,	<a href="http://www.theatlantic.com/doc/194507/bush" target="_blank"><em>As We May Think</em></a> (quelques <a href="http://www.archipress.org/episteme/vannevar.htm" target="_blank">extraits</a> en VF),	1945,	The Atlantic Monthly, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/loptimisme-technologique-de-vannevar-bush/" target="_blank"><em><span style="color: #ff9900;">L&#8217;optimisme technologique de Vannevar Bush</span></em></a></li>
<li> J.C.R Licklider and Robert W. Taylor,<em> </em><a href="http://www.utexas.edu/ogs/lectures/taylor/licklider-taylor.pdf" target="_blank"><em>The Computer as a Communication Device</em></a>,	1968,	Science And Technology, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/licklider-%c2%ab-et-si-on-faisait-un-reseau-intergalactique-%c2%a0%c2%bb/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em>Licklider : </em></span><span style="color: #ff9900;"><em>« Et si on faisait un réseau intergalactique ? »</em></span></a><a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/licklider-%c2%ab-et-si-on-faisait-un-reseau-intergalactique-%c2%a0%c2%bb/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em> </em></span></a></li>
<li> Vinton G. Cerf and Robert E. Kahn,<a href="http://www.cs.princeton.edu/courses/archive/fall06/cos561/papers/cerf74.pdf" target="_blank"> <em>A Protocol for Packet Network Intercommunication</em></a>,	1974,	IEEE, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/vinton-cerf-se-parler-en-gardant-ses-differences/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em>Vinton Cerf, se parler en gardant ses différences</em></span></a></li>
<li> Tim Berners-Lee and Robert Cailliau and Jean-Francois Groff and Bernd Pollermann,	<em><a href="http://www.w3.org/History/1992/ENRAP/Article_9202.ps" target="_blank">World-Wide Web: The Information Universe</a></em>,	1992,	CERN, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/tim-berners-lee-le-sens-du-lien/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em>Tim Berners-Lee, le sens du lien</em></span></a></li>
<li>Peter Lamborn Wilson dit Hakim Bey,	<a href="http://www.hermetic.com/bey/taz_cont.html" target="_blank"><em>Temporary Autonomous Zone</em></a> (<a href="http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html" target="_blank">VF</a>),	1985, 1991,	Autonomedia Anti-copyright, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/hakim-bey-depasser-la-machine/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em>Hakim Bey, dépasser la machine</em></span></a></li>
<li>Eric S. Raymond,	<a href="http://firstmonday.org/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/1472/1387" target="_blank">The Cathedral and the Bazar</a> (Bonne <a href="http://www.linux-france.org/article/these/cathedrale-bazar/cathedrale-bazar.html#toc14" target="_blank">VF</a>),	1997,	First Monday, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/eric-s-raymond…le-code-suivra/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em>Eric S. Raymond : partagez les données et le code suivra</em></span></a></li>
<li>Lawrence Lessig,	<a href="http://codev2.cc/" target="_blank">Code V2</a>, 	1999, 2006,	Basic Books, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/lawrence-lessi…ieux-partagees/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em>Lawrence Lessig : les creatives commons sont les choses les mieux partagées</em></span></a></li>
<li> John Perry Barlow,	<a href="http://homes.eff.org/~barlow/Declaration-Final.html" target="_blank">A Declaration of the Independence of Cyberspace</a> (Bonne <a href="http://www.freescape.eu.org/eclat/1partie/Barlow/barlowtxt.html" target="_blank">VF</a>),	1996, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/john-perry-bar…n-pour-lesprit/" target="_blank"><span style="color: #ff9900;"><em>John Perry Barlow, une maison pour l&#8217;esprit</em></span></a></li>
<li>Chris Anderson,	<a href="﻿http://www.wired.com/science/discoveries/magazine/16-07/pb_theory" target="_blank">The End of Theory : The Data Deluge Makes the Scientific Method Obsolete</a>,	2008,	Wired, <span style="color: #ff9900;"><a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/chris-anderson-%C2%AB-demandons-nous-ce-que-la-science-peut-apprendre-de-google-%C2%BB/" target="_self"><span style="color: #ff9900;"><em>Chris Anderson : « </em>demandons-nous ce que la science peut apprendre de Google </span></a><em><a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/chris-anderson-%C2%AB-demandons-nous-ce-que-la-science-peut-apprendre-de-google-%C2%BB/" target="_self"><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #99cc00;"><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #ff9900;">»</span></span></span></span></span></a><a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/03/chris-anderson…re-de-google-»/" target="_blank"><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #99cc00;"><span style="color: #ff6600;"><span style="color: #ff9900;"> </span></span></span></span></span></a></em></span></li>
<li>William Gibson,	Neuromancer,	1984,	Ace Books, <a href="http://www.unpoint.com/blog/2009/11/william-gibson…e-cyberespace/" target="_self"><span style="color: #ff9900;"><em>William Gibson, vivre dans le cyberespace</em></span></a></li>
</ol>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> In Wired Magazine 16.07, “The End of Theory: The Data Deluge Makes the Scientific Method Obsolete”, texte original : « <em>With enough data, the numbers speak for themselves.</em> »</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Ibid, texte original « <em>There&#8217;s no reason to cling to our old ways. It&#8217;s time to ask: What can science learn from Google?</em> »</p>
<p><img class="qtl" title="Copy selction" src="http://www.qtl.co.il/img/copy.png" alt="" /><a title="Search With Google" href="http://www.google.com/search?q=Le%20Memex%20imagin%C3%A9%20par%20Vannevar%20Bush" target="_blank"><img class="qtl" src="http://www.google.com/favicon.ico" alt="" /></a><img class="qtl" title="Translate With Babylon" src="http://www.babylon.com/favicon.ico" alt="" /></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Shimon Peres : « Buy Google and stop remember ! »</title>
		<link>http://www.unpoint.com/blog/2009/10/shimon-peres-%c2%ab-buy-google-and-stop-remember-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 23:17:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
				<category><![CDATA[films]]></category>
		<category><![CDATA[opinions]]></category>

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		<description><![CDATA[
C&#8217;était le 13 décembre 2006. La deuxième édition de la conférence Le Web3 bruissait de la venue du prix Nobel de la paix et ancien premier ministre d&#8217;Israël, Shimon Peres. Nous fumes subjugués par le discours. Tout à coup, nous nous retrouvions à nouveau face aux espoirs qui avaient inspiré nos premiers projets durant la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><img class="aligncenter size-full wp-image-90" title="ShimonPerez" src="http://www.unpoint.com/blog/wp-content/uploads/2009/10/ShimonPerez.png" alt="ShimonPerez" width="787" height="441" /></p>
<h3 style="text-align: left;">C&#8217;était le 13 décembre 2006. La deuxième édition de la conférence Le Web3 bruissait de la venue du prix Nobel de la paix et ancien premier ministre d&#8217;Israël, Shimon Peres. Nous fumes subjugués par le discours. Tout à coup, nous nous retrouvions à nouveau face aux espoirs qui avaient inspiré nos premiers projets durant la fin des années 90 et que l&#8217;éclatement de la bulle avait douché. Le discours de Shimon Peres est à la fois le témoignage d&#8217;un politique qui a perdu toutes ses illusions et un appel à inventer un avenir forçant l&#8217;humanité à la paix.</h3>
<h3>Ce court extrait est un avant-goût des trente minutes que je suis en train de traduire et d&#8217;adapter pour une publication ultérieure.</h3>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="340" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/pj2bCXYXO6Q&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="340" src="http://www.youtube.com/v/pj2bCXYXO6Q&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		</item>
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		<title>Pour une (re)définition du concept de technologie</title>
		<link>http://www.unpoint.com/blog/2009/06/pour-une-definition-du-concept-de-technologie/</link>
		<comments>http://www.unpoint.com/blog/2009/06/pour-une-definition-du-concept-de-technologie/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2009 08:04:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
				<category><![CDATA[recherches]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour paraphraser la définition que donne Martin Heidegger de la technique - «s'y connaître dans le fait de produire» — nous dirons : «est technologique ce qui s'y connaît dans le fait de de produire». Mais cette définition ne nous dispense pas d'une réflexion étymologique, historique et anthropologique sur le substantif «technologie». Réflexion dont voici une première approche rédigée à l'aube du Web dans les années 1995.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Nous proposons une approche problématique du terme «technologie» qui n&#8217;est pas conforme à la lecture classique anglo-saxonne ni à la lecture des technologues français (Stiegler, Simondon, Ellul). Notre approche oppose initialement le discours scientifique qui est avant tout descriptif et prédictif avec les objets techniques qui «produisent» ou participent à la production humaine d&#8217;artefacts. C&#8217;est là que se trouve la problématique issue du terme «technologie» : est-ce un savoir débouchant sur des savoir-faire ou bien un objet technique permettant d&#8217;automatiser le faire ?</h4>
<h4>Le <em>logos</em>, ou discours raisonnable, sous sa forme scientifique ou simplement logique, a pour but de mettre en ordre (en vue de la pédagogie ou de la prédiction) un ensemble de savoirs, de faits ou d&#8217;informations (sous n&#8217;importe quelle forme y compris donc une série de 0 et de 1). Le choix de l&#8217;expression &laquo;&nbsp;mise en ordre&raquo;&nbsp; est une allusion volontaire au mot &laquo;&nbsp;ordinateur&raquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>computer</em>&raquo;&nbsp; en anglais, et tous deux renvoient à l&#8217;idée d&#8217;une mise en ordre (soit parce que la machine exécute (et donc réplique) une série d&#8217;ordres, soit parce qu&#8217;elle permet une combinaison d&#8217;étapes (d&#8217;ordres) via la &laquo;&nbsp;computation&raquo;&nbsp;). La machine ou l&#8217;automate (ce qui se meut lui-même) disposant en son sein d&#8217;une série d&#8217;instructions de base lui permettant d&#8217;effectuer un programme.</h4>
<h4>L&#8217;autre partie du terme, la technique, ou <em>techné</em>, renvoie à une notion beaucoup plus commune et facile à saisir. La ou les techniques sont des savoir-faire qui permettent de produire. Je reprends la terminologie heideggerienne du &laquo;&nbsp;produire&raquo;&nbsp; parce qu&#8217;elle dénote de la dimension anthropologique de la technique et qu&#8217;il ne faut jamais, à mon sens, la négliger. Les hommes ayant toujours tendance à &laquo;&nbsp;naturaliser&raquo;&nbsp; leurs propres pratiques de production d&#8217;artefact afin de les &laquo;&nbsp;normaliser&raquo;&nbsp; comme s&#8217;il s&#8217;agissait de phénomènes naturels. Les techniques s&#8217;inspirent très souvent d&#8217;observations de la nature et tendent tout simplement à les répliquer, puis à se construire en savoir transmissible par l&#8217;observation ou via un traité résumant les bonnes pratiques que doit connaître le bon artisan pour &laquo;&nbsp;bien&raquo;&nbsp; produire.</h4>
<h4>La fusion des deux termes en un seul pose un ensemble de questions qu&#8217;il est malaisé de trancher simplement. C&#8217;est tout l&#8217;intérêt de ce terme dans le cadre de notre étude sur les usages d&#8217;Internet. C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai souhaité commencé cette série par un retour sur ce texte écrit en 1994. Quinze ans plus tard, je m&#8217;aperçois qu&#8217;il conserve une réelle pertinence et qu&#8217;il peut peut-être aider à éclairer les questions que je me pose aujourd&#8217;hui.</h4>
<div id="attachment_76" class="wp-caption aligncenter" style="width: 584px"><img class="size-large wp-image-76 " title="Ordinateur - miroir ou boite à fantasmes" src="http://www.unpoint.com/blog/wp-content/uploads/2009/06/Ordinateur-1024x680.jpg" alt="Oeuvre en carton de Margot Cauquil-Gleizes, 2001 - http://www.mcgfactory.com/" width="574" height="381" /><p class="wp-caption-text">Oeuvre en carton de Margot Cauquil-Gleizes, 2001 - http://www.mcgfactory.com/</p></div>
<p><strong>Le concept principal de notre réflexion </strong>(sur Internet, ajout 2009), la technologie, mérite sans aucun doute d&#8217;être circonscrit avant toute autre chose. Nous disposons à cet effet de deux types d&#8217;approche, la première est aussi bien historique qu&#8217;anthropologique ou encore étymologique, et la seconde est une simple approche de détermination générale. Dans la première, nous pouvons y faire figurer aussi bien les définitions extraites des auteurs que les tentatives pragmatiques (descriptions ou monographies) de saisie du concept dans sa diversité réalisée. Dans la seconde ce qui doit ressortir en premier lieu c&#8217;est la simplicité et l&#8217;univocité de la définition proposée.</p>
<h3>Encyclopédie et technologie ont une origine historique commune</h3>
<p>Or, en fait, le concept de technologie est issu d&#8217;un redoublement de sens qui a sa propre explication historique et qui porte par ailleurs en soi un sens logique original. Car, dans le mot &laquo;&nbsp;technologie&raquo;&nbsp;, se trouvent la notion de techné et celle de logos, l&#8217;association de ces deux notions n&#8217;est pas aussi claire ni aussi appropriée qu&#8217;on le voudrait. Toutefois, si l&#8217;on entend simplement par techné le métier ou l&#8217;art de faire une chose et par logos le discours, on fait déjà apparaître le redoublement de sens, puisque l&#8217;association des deux donne la définition étymologique suivante : la technologie est un discours sur les arts de faire une chose, ou encore, plus radicalement, une théorie des théories de la pratique. Le mot technologie peut aussi être compris dans un sens où ce redoublement n&#8217;est pas simple mais complexe, comme par exemple si nous reprenons l&#8217;étymologie que donne Heidegger de techné, qui semble tout à fait exacte : s&#8217;y connaître dans le fait de produire. Qu&#8217;a-t-on alors besoin d&#8217;un logos quand on s&#8217;y connaît déjà dans le fait de produire? La techné est donc un savoir-faire auquel peut être adjoint ce qui se rapporte à ce savoir-faire, c&#8217;est-à-dire des mots qui permettent de décrire et de faire comprendre ce qu&#8217;il faut savoir pour faire telle chose, mots que l&#8217;on appelle généralement des mots techniques, dès lors l&#8217;ajout du suffixe &laquo;&nbsp;logie&raquo;&nbsp; ne peut être justifié sans autre explication. Cette autre explication est historique.</p>
<h3>Trop de savoirs, pas assez de science</h3>
<div id="attachment_73" class="wp-caption alignright" style="width: 394px"><img class="size-full wp-image-73" title="Encyclopédie_Figurative_System_of_Human_Knowledge" src="http://www.unpoint.com/blog/wp-content/uploads/2009/06/Encyclopédie_Figurative_System_of_Human_Knowledge.jpg" alt="Frontispice de l'index analytique de Pierre Mouchon (1780)" width="384" height="517" /><p class="wp-caption-text">Frontispice de l&#39;index analytique de Pierre Mouchon (1780)</p></div>
<p>En effet, le mot &laquo;&nbsp;technologie&raquo;&nbsp; apparaît au début du XVIIe siècle alors que les techniques deviennent tellement nombreuses que le commun des mortels a peine à toutes les nommer, il devient urgent de mettre en place un savoir raisonné des techniques, ainsi donc naquît la technologie, prenant la forme d&#8217;une encyclopédie descriptive des différentes techniques. Ce qui est remarquable, c&#8217;est que la notion de technique porte déjà en elle-même l&#8217;idée de rendre disponible ou accessible un savoir-faire tout autant que de rendre manifeste ce qui est produit, le discours raisonné de la technique est donc la manifestation de la nécessité de &laquo;&nbsp;faire savoir&raquo;&nbsp; ces savoirs-faire d&#8217;une façon systématique ou plutôt comme un ensemble formant un tout, c&#8217;est-à-dire une théorie. Cette explication est doublée d&#8217;une autre, anthropologique cette fois, c&#8217;est A. Leroi-Gourhan qui nous la donne. Dans le moment qui précède la création du mot &laquo;&nbsp;technologie&raquo;&nbsp;, on assiste à la naissance d&#8217;un nouvel art, dérivé de l&#8217;index, celui de l&#8217;encyclopédie. Cette nouvelle technique de classement des connaissances n&#8217;a d&#8217;autre but que de rendre accessibles les connaissances qui ne l&#8217;étaient pas ou difficilement, et c&#8217;est cette technique, normalement appliquée au rangement des bibliothèques et à la constitution de bibliographies, qui va être simplement transposée au traitement de l&#8217;ensemble des techniques pour donner la technologie.</p>
<h3>Extérioriser les  structures mnémotechniques</h3>
<p>La singularité de ce premier pas vers l&#8217;encyclopédisme — dont le sommet sera atteint au XVIIIe siècle — se retrouve en partie dans les raisons de l&#8217;invention de la technologie. Les nouvelles méthodes de classement permettent de rompre avec la forme de l&#8217;écrit médiéval et antique dont le trait principal est, selon A. Leroi-Gourhan, qu&#8217;ils sont conçus pour être «fixés à vie dans la mémoire des lecteurs ». Et ce qui auparavant était directement destiné à la mémoire individuelle en tant que support de la lecture, est rejeté à l&#8217;extérieur du texte pour faire office de mémoire extérieure au lecteur. Autrement dit une technique aussi simple que la classification alphabétique permet la modification en profondeur de la structure du texte en extériorisant tout ce qui ressort à la mnémotechnique. Le concept de technologie répond à la même innovation, il devient inutile, en un certain sens, d&#8217;être un artisan spécialisé pour &laquo;&nbsp;connaître&raquo;&nbsp; telle ou telle technique puisqu&#8217;il existe une technique pour accéder à ce savoir-faire, cette technique est donc à proprement parler un faire-savoir des savoirs-faire. La technologie est l&#8217;annonce d&#8217;une future extériorisation, au sens de Leroi-Gourhan, de la technique, elle contient l&#8217;idée que, selon une classification adéquate, il est possible d&#8217;organiser les techniques ensemble de telle sorte à obtenir un corps complet de tous les savoirs-faire, et que, grâce à cette dernière étape, le degré de science atteint correspondra à un optimum supérieur à la simple collection de toutes les techniques.</p>
<h3>Un savoir utile pour savoir</h3>
<p>Cela explique que le concept de technologie soit plus qu&#8217;un simple concept opératoire. Il résulte de la volonté d&#8217;organiser les techniques entre elles mais il est aussi un projet à part entière, celui d&#8217;écrire une théorie de la technique qui puisse s&#8217;énoncer dans une langue homogène, parfaitement didactique. Un tel projet suppose que chaque technique puisse aussi être décrite par une théorie qui leur est propre, ce qui signifie que les techniques empiriques qui procèdent par tâtonnements ne peuvent appartenir à la technologie. Ce n&#8217;est pas tout, puisqu&#8217;une technologie doit être en même temps pratique et théorique, le très fameux exemple des fontainiers de Florence, qui durent attendre que Toriccelli mette en équation le système des vases communicant pour connaître la théorie de leur art — ce qui ne modifia rien de cet art — montre que le savoir technologique n&#8217;a pas de conséquence sur l&#8217;usage de la technique, sa raison d&#8217;être mais seulement sur son &laquo;&nbsp;comment&raquo;&nbsp;. Aussi lorsqu&#8217;on prend un exemple inverse d&#8217;un savoir technologique disponible sans technique d&#8217;application déjà connue, l&#8217;usage technique qu&#8217;on en fera n&#8217;est plus primitif mais secondaire, il reste à l&#8217;inventer, puis à le justifier, et, nous serions tenté de dire, à le vendre. La technologie est incontestablement un fait économique, social et politique, et ce parce que par rapport à la technique qui répond immédiatement à un besoin, la technologie laisse libre un espace contingent d&#8217;application d&#8217;une théorie à la pratique, et cette contingence de la technique au sein de la technologie a toute chance d&#8217;être tôt ou tard un enjeu de pouvoir.</p>
<h3>La technique des techniques et la théorie des théories</h3>
<p>L&#8217;idée de technologie représente donc une ambition multiple de l&#8217;homme. En premier lieu, nous trouvons l&#8217;ambition de rompre avec la confusion babylonienne issue de la diversité des langues techniques. Ensuite se dessine l&#8217;ambition de raisonner et d&#8217;organiser la diversité des techniques grâce à une référence commune à la science ou au calcul, ainsi que le classement et la description encyclopédique. Et enfin l&#8217;ambition finale est de réunir sous le terme de technologie à la fois une technique des techniques et une théorie des théories de chaque technique, pour aboutir à une technique suffisamment formalisée et générale qu&#8217;elle offre de remplacer toutes les techniques empiriques. Et nous n&#8217;avons pas de doute que le langage numérique et son application informatique constitue l&#8217;une des réalisations les plus réussies du projet de la technologie tel qu&#8217;il se présentait au XVIIe siècle. De plus, si la technologie s&#8217;est d&#8217;abord présentée comme une sorte de science, il s&#8217;avère de plus en plus que son but est de rendre automatique ce qui relevait jadis de ce qu&#8217;on appelle le savoir-faire des artisans, tant est si bien que l&#8217;étymologie que donne Heidegger pour la technique, «s&#8217;y connaître dans le fait de produire», peut être ainsi transposée à la technologie comme une définition : est technologique ce qui s&#8217;y connaît dans le fait de produire.</p>
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		<title>Ven Ra : &#171;&#160;Ils voulaient me manger&#187;&#160;</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Apr 2009 08:58:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
				<category><![CDATA[films]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons rencontré Ven Ra, Jérôme Porier et moi-même, durant l&#8217;été 2003, alors que la campagne pour les élections législatives au Cambodge battait son plein. Ven Ra est la nièce de Ta Mok, que l&#8217;on surnommait le boucher, pour son rôle joué durant ce moment de démence collective mené par Pol Pot qui fit deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>Nous avons rencontré Ven Ra, Jérôme Porier et moi-même, durant l&#8217;été 2003, alors que la campagne pour les élections <img class="alignright" title="Ven Ra en 2003" src="http://i2.ytimg.com/vi/uZ9OZ7qxCbw/default.jpg" alt="" width="120" height="90" />législatives au Cambodge battait son plein. Ven Ra est la nièce de Ta Mok, que l&#8217;on surnommait le boucher, pour son rôle joué durant ce moment de démence collective mené par Pol Pot qui fit deux millions de morts. Au moment où les Khmers rouges entraient dans Phnom Penh, Ven Ra était une toute jeune fille âgée de 13 ou 14 ans. A la chute du régime en 1978, elle était devenue infirmière. Sur le point d&#8217;accoucher alors que les forces vietnamiennes prennent le contrôle du pays, elle a du fuir en catastrophe dans la jungle, son bébé sous le bras, accompagnée de sa tante malade. Son témoignage, alors qu&#8217;elle est candidate pour le poste de député de la région de Pailin, ancien fief des Khmers rouges tout au long de la guérilla qui dura jusqu&#8217;au cessez-le-feu et la reddition de décembre 1999, illustre la complexité profonde de la situation historique des Khmers. Le mouvement Khmers rouges fut tout à la fois le pire moment de leur histoire et l&#8217;expression du rêve de renaissance de la grandeur passée du royaume d&#8217;Angkor qui les hante toujours.</span></p>
<p><span><object width="425" height="355" type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/uZ9OZ7qxCbw"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/uZ9OZ7qxCbw" />This video was embedded using the YouTuber plugin by <a href="http://www.roytanck.com">Roy Tanck</a>. Adobe Flash Player is required to view the video.</object></span></p>
<p>En bonus, ce petit travail de mémoire sur le génocide des Khmers rouges. Film intitulé &laquo;&nbsp;Figues absentes&raquo;&nbsp;<br />
<object width="425" height="355" type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/r7vsIIgtsAY"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/r7vsIIgtsAY" />This video was embedded using the YouTuber plugin by <a href="http://www.roytanck.com">Roy Tanck</a>. Adobe Flash Player is required to view the video.</object></p>
<p><span><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rencontre avec Linton Kwesi Johnson</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Apr 2009 08:33:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
				<category><![CDATA[films]]></category>
		<category><![CDATA[Black Panthers]]></category>
		<category><![CDATA[Chikaya U Tamsi]]></category>
		<category><![CDATA[Kwame Nkrumah]]></category>
		<category><![CDATA[Linton Kwesi Johnson]]></category>
		<category><![CDATA[LKJ]]></category>
		<category><![CDATA[Marcus Garvey]]></category>
		<category><![CDATA[Montreuil]]></category>
		<category><![CDATA[W.E.B. Du Bois]]></category>

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		<description><![CDATA[« Je suis né en Jamaïque en 1952, je suis venu en Angleterre quand j’avais 11 ans. J’ai grandi au sud de Londres, à Brixton, dans la communauté noire. Je suis devenu politiquement conscient quand j’étais adolescent, vers 16, 17 ans. J’étais engagé dans le mouvement des Black Panthers, qui était une organisation luttant pour les droits des noirs en Angleterre. Et à travers les Black Panthers, j’ai découvert la littérature. Cela m’a donné l’envie d’écrire. L’un des écrivains qui m’a influencé a été l’Américain W.E.B. Du Bois et son livre " The Soul of Black Folk " ( " Les âmes du peuple noir "). Une autre influence importante a été Chikaya U Tamsi du Congo. Il y a eu aussi Aimé Césaire de Martique, Langston Hughes des Etats-Unis, etc.
Donc, depuis que je suis adolescent, je suis engagé dans la politique et la poésie. J’ai commencé à enregistrer des disques à la fin des années 70. »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;idée de rencontrer LKJ nous est venu autour d&#8217;un café en regardant le programme du festival musical qui se tient chaque année dans notre ville. LKJ, figure contemporaine de la conscience noire, de passage à Montreuil, deuxième ville la plus peuplée de Maliens après Bamako, il fallait qu&#8217;il en reste une trace. La voici ! (fim diffusé sur Telif &#8211; juillet 2004)</p>
<p><object width="425" height="355" type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/kxnQSGdGpOU"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/kxnQSGdGpOU" />This video was embedded using the YouTuber plugin by <a href="http://www.roytanck.com">Roy Tanck</a>. Adobe Flash Player is required to view the video.</object></p>
<p><object width="425" height="355" type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/sQZ8E92Y0n0"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/sQZ8E92Y0n0" />This video was embedded using the YouTuber plugin by <a href="http://www.roytanck.com">Roy Tanck</a>. Adobe Flash Player is required to view the video.</object></p>
<h3>Transcription/Traduction itw LKJ 20-06-2004<img class="alignright" title="LKJ à Montreuil" src="http://i2.ytimg.com/vi/AzSvbGVeDIw/default.jpg" alt="" width="120" height="90" /></h3>
<p><strong>Denise Ndzakou</strong> :<strong> Lkj, bienvenu à Montreuil. Nous sommes très heureux de vous accueillir. Nous avons beaucoup de questions à vous poser. C’est un grand plaisir de vous rencontrer, mais d’abord parlons de vous : Qui est LKJ ?</strong></p>
<p><strong>Linton Kwesi Johnson</strong> : Je suis né en Jamaïque en 1952, je suis venu en Angleterre quand j’avais 11 ans. J’ai grandi au sud de Londres, à Brixton, dans la communauté noire. Je suis devenu politiquement conscient quand j’étais adolescent, vers 16, 17 ans. J’étais engagé dans le mouvement des Black Panthers, qui était une organisation luttant pour les droits des noirs en Angleterre. Et à travers les Black Panthers, j’ai découvert la littérature. Cela m’a donné l’envie d’écrire. L’un des écrivains qui m’a influencé a été l’Américain W.E.B. Du Bois et son livre &raquo;&nbsp; The Soul of Black Folk &raquo;&nbsp; ( &raquo;&nbsp; Les âmes du peuple noir &laquo;&nbsp;). Une autre influence importante a été Chikaya U Tamsi du Congo. Il y a eu aussi Aimé Césaire de Martique, Langston Hughes des Etats-Unis, etc.<br />
Donc, depuis que je suis adolescent, je suis engagé dans la politique et la poésie. J’ai commencé à enregistrer des disques à la fin des années 70.</p>
<p><strong>DN </strong>:<strong> Pourquoi avez-vous choisi la poésie ?</strong></p>
<p><strong>LKJ</strong> : Je n’ai pas choisi la poésie, la poésie m’a choisi. J’ai découvert la littérature noire, et je lisais tout ce que je pouvais trouver, des livres à propos de la culture africaine, de l’histoire des Noirs, mais le livre qui a changé quelque chose en moi a été &raquo;&nbsp; The Soul of Black Folk &raquo;&nbsp; de W.E.B. Du bois, et ça m’a conduit à la poésie. En tant que jeune homme, je cherchais à articuler l’expérience de la jeunesse de ma génération grandissant en Angleterre dans un environnement hostile racialement avec ce que nous devions en faire.</p>
<p><strong>DN</strong> : <strong>A mes yeux, ceux d’une jeune femme noire, vous êtes un témoin, vous avez vu des tas de choses, vous avez vécu les émeutes de Brixton. Pouvez-vous me parler de ce qui se passe maintenant, de ce qui arrive aux Noirs aujourd’hui ? Que devons nous faire ?</strong></p>
<p><strong>LKJ</strong> : J’aimerais avoir la réponse à une question si importante. Les problèmes du monde sont complexes, et tout spécialement ceux du peuple noir. Je n’ai aucune solution toute prête. Tout ce que je peux dire c’est que nous avons fait des progrès et nous avons fait ces progrès en nous battant. Donc, nous devons être organisés, vigilants, nous devons continuer à nous battre pour l égalité raciale et la justice sociale.</p>
<p><strong>DN</strong> : <strong>Justice sociale, justement. Vous êtes ici en France, LKJ, qu’est-ce que vous pensez d’un pays où des partis radicaux comme le Front National ou le MNR rassemblent 15% des suffrages ?</strong></p>
<p><strong>LKJ</strong> : Le fait qu’il existe des partis d’extrême droite n’est pas un phénomène spécifiquement français. C’est un phénomène européen. Car nous avons le même type de partis en Angleterre avec le British National Party, et ils ont le même genre de parti en Allemagne, en Autriche, bref dans toute l’Europe. Donc, ce n’est pas un problème spécifiquement français, mais un problème européen. C’est pourquoi, il est important pour tous les gens opprimés et tous ceux qu’on appelle les minorités ethniques, en Europe de se rassembler et de travailler ensemble à s’entraider dans les luttes de chacun.</p>
<p><strong>DN</strong> : <strong>Vous parlez de solidarité mais pour moi, il n’y a pas de solidarité noire. Quand allons-nous commencer à parler de solidarité noire ?</strong></p>
<p><strong>LKJ</strong> : Oh ! Ce n’est pas vrai. Non. A travers les luttes pour les indépendances ou les luttes anticoloniales, il y a eut de la solidarité entre les Antillais et leurs frères et soeurs africains. Des gens comme Marcus Garvey ont eu une influence importante en Afrique. Les Noirs des Etats-Unis et ceux des  Antilles ont été influencés par le Kwame Nkrumah du Ghana et tout ce qu’il a dit sur l’unité africaine. Et ainsi de suite. Moi-même, j’ai été engagé dans une organisation qui s’appelait Europe Action for Racial Equality and Social Justice. Et nous travaillions avec des gens ici en France, d’autres en Belgique ou aux Pays-Bas, etc.</p>
<p><strong>DN</strong> : <strong>Je voudrais vous parler de l’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud est le dernier pays au monde dans lequel on voit des Noirs se battrent pour s’exprimer dans leur pays. Nous avons entendu que le colonialisme était fini. Mais vous et moi, vous originaire de Jamaïque, moi du Congo, nous avons les mêmes problèmes dans nos pays. Est-ce que les choses vont changer toute seule pour les Noirs, ou est-ce que nous devons faire quelque chose pour nous libérer ?</strong></p>
<p><strong>LKJ</strong> : Sans me répéter, il n’y a pas de solution facile. C’est important pour nous de construire l’unité, l’unité entre nous. Nous avons besoin d’être informés des luttes de chacun. Nous devons utiliser des moyens comme Internet pour établir des connections et pour construire de la solidarité et décider d’actions globales qui tiennent compte de notre situation. Nous n’avons pas d’autre choix, il n’y a pas de solution facile. Nous avons traversé 400 ans de colonisation, nous avons mené les luttes de libération nationale. Et, la lutta continua.</p>
<p><strong>DN</strong> :</p>
<p><strong>LKJ</strong> : Je n’ai pas toutes les réponses aux questions que vous me posez. Il y a eu l’organisation de l’unité africaine qui n’a pas été très efficace, maintenant ils ont formé l’Organisation de l’Union Africaine, espérons que l’OUA fera quelque chose de mieux que la vieille organisation de l’Unité Africaine. Les problèmes auquel beaucoup de nos pays font face ont été solidement retranchés car le capitalisme en devenant global a affaibli l’idée de l&#8217;Etat Nation et de leur souveraineté.<br />
Les grandes multinationales dictent aux états nations ce qu’ils peuvent faire ou pas faire. C’est pour ça que des choses comme le mouvement altermondialiste est important, car en définitive, il attire notre attention sur les enjeux dont il faut se saisir.</p>
<p><strong>ND</strong> : <strong>Vous êtes un chanteur-poète et une conscience noire. A Montreuil, il y a une majorité de gens qui viennent de beaucoup d’endroits du monde. Quel serait votre message de fraternité pour eux ?</strong></p>
<p><strong>LKJ</strong> : Bien. Ce que je suis venu faire ici c’est un concert, et j’espère que les gens vont pouvoir s’identifier au contenu de ma poésie et tirer un peu de force spirituelle de toutes ces luttes que je raconte dans mes poèmes. Le conseil que je peux donner aux minorités ethniques ou aux Noirs, ou enfin à tous ceux qui luttent où qu’ils se trouvent, c’est que nous devons construire des organisations autonomes avec un programme réaliste pour mobiliser les gens sur les enjeux qui nous affectent. Laissez-moi prendre un exemple. Tous les jeunes qui ont grandi en Angleterre. La plupart des familles ont vécus dans une pièce unique. Nous avons été marginalisés, nous avons fait tout le boulot ingrat que les classes laborieuses blanches ne voulaient plus faire. Trente ou quarante ans plus tard, les choses ont changé. Nous avons des membres au Parlement, nous avons une classe moyenne, d’autres qui siègent à la chambre des Lords. Nous ne sommes plus marginalisés. Et lpour conquérir ces avancées nous avons construit des organisations indépendantes. Et nous avons engagés des luttes, et nous nous sommes battus, et nous avons fait de l’agitation jusqu’à mener des insurrections. Et si nous avons fait ces progrès c&#8217;est grâce à nos organisations autonomes et aux luttes que nous avons menées. Nous savons que ce n’est pas fini, mais enfin, notre situation est totalement différente de ce qu’elle était lorsque j’étais enfant.</p>
<p><strong>ND</strong> : <strong>Votre musique est comme un coup de poing. Comme si vous battiez quelqu’un , comme si vous faisiez passer votre message avec force. Parlez-nous du reggae et du Dub.</strong></p>
<p><strong>LKJ</strong> : Le Reggae a toujours été pour moi la musique du peuple, une musique de la conscience, de la conscience politique. Bien sûr, il y a des chansons reggae sur l’amour, les garçons et les filles, etc. mais ce qui caractérise la musique reggae c’est qu’elle a toujours été une forte protestation politique. Si je devais vous dire ce qui est unique dans la musique reggae, je dirais que les Jamaïcains qui ont créé le reggae, comme les Antillais, nous sommes des gens hybrides, nous avons mélangé la culture de nos racines africaines avec les influences européennes ou américaines, et de tout ça nous avons fait quelque de nouveau.</p>
<p>Et je voulais juste ajouter avant que de terminer, parce que la pluie est en train de tomber. Je célèbre 25 ans dans la musique reggae et je fais également la promotion de mon nouveau DVD : &raquo;&nbsp; <a href="http://www.wrasserecords.com/Linton_Kwesi_Johnson_71/Live_in_Paris_CD_131.html" target="_blank">LKJ, Live in Paris, with The Denis Bowell Dub Band</a> &laquo;&nbsp;, et je voulais que ce soit dit, ok.</p>
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		<title>Le Web 2.0, bulle ou révolution</title>
		<link>http://www.unpoint.com/blog/2009/04/le-web-20-bulle-ou-revolution/</link>
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		<pubDate>Mon, 20 Apr 2009 18:37:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
				<category><![CDATA[films]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Web 2.0, bulle ou révolutionCe film a été réalisé et publié en décembre 2006 à l&#8217;occasion du salon LeWeb3. La question posée est aujourd&#8217;hui résolue. D&#8217;une part le web social est bien une révolution, d&#8217;autre part, ses principaux représentants (YouTube, Facebook, Google, Zlio, Mozilla) se portent pour la plupart très bien malgré la crise. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Web 2.0, bulle ou révolution</a>Ce film a été réalisé et publié en décembre 2006 à l&#8217;occasion du salon LeWeb3. La question posée est aujourd&#8217;hui résolue. D&#8217;une part le web social est bien une révolution, d&#8217;autre part, ses principaux représentants (YouTube, Facebook, Google, Zlio, Mozilla) se portent pour la plupart très bien malgré la crise. Donc la bulle tient le coup.</p>
<p><object width="425" height="355" type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.youtube.com/v/KdGFILN2jTs"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/KdGFILN2jTs" />This video was embedded using the YouTuber plugin by <a href="http://www.roytanck.com">Roy Tanck</a>. Adobe Flash Player is required to view the video.</object></p>
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		<title>William Gibson, vivre dans le cyberespace</title>
		<link>http://www.unpoint.com/blog/2009/03/william-gibson-vivre-dans-le-cyberespace/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2009 14:37:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
				<category><![CDATA[recherches]]></category>
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		<category><![CDATA[William Gibson]]></category>

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		<description><![CDATA[Neuromancien est le premier roman mettant en scène un personnage passant le plus clair de son temps « dans » le « cyberespace ». La vision développée par William Gibson est une extrapolation des avancées ultimes de la cybernétique sur la modélisation du cerveau, les interfaces hommes-machines, les intelligences artificielles, etc.
Au début des années 80, William Gibson assiste à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Neuromancien est le premier roman mettant en scène un personnage passant le plus clair de son temps « dans » le « cyberespace ». La vision développée par William Gibson est une extrapolation des avancées ultimes de la cybernétique sur la modélisation du cerveau, les interfaces hommes-machines, les intelligences artificielles, etc.</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 410px"><img class=" " title="William Gibson - cc David Alliet - 2007" src="http://farm2.static.flickr.com/1287/1346415385_895b9b06d3.jpg" alt="William Gibson - cc David Alliet - 2007" width="400" height="262" /><p class="wp-caption-text">William Gibson - cc David Alliet - 2007</p></div>
<p>Au début des années 80, William Gibson assiste à la naissance de la communauté cyberpunk, qui fait suite à la <em>beat generation</em>, mais dont les hallucinations procèdent non plus d’une injection du LSD mais de réalité virtuelle. La vision développée dans Neuromancien est d’abord celle d’une perte de contrôle. Le monde est devenu trop complexe pour que l’on puisse en avoir une représentation complète et précise. L’individu est écrasé, notamment par des pratiques capitalistes extrêmes. Une seule échappatoire, à part la drogue, le réseau. C’est uniquement dans le cyberespace que  l’individu peut développer une personnalité « romanesque ». C’est là qu’il retrouve les caractères qui lui sont interdits et inaccessibles dans le monde « physique ».</p>
<h3>Chef de file de la vague cyberpunk</h3>
<p>Cette vision, typiquement cyberpunk et contestataire, rejoint deux schémas évoqués dans les textes précédemment présentés. Le premier est que la mise en réseau des connaissances est une nouvelle liberté, et cette liberté, aux yeux de Gibson comme pour les pionniers de l’Internet, s’inscrit dans une infrastructure technique qui ménage des espaces échappant au contrôle des dominants. Le second est qu’Internet remet en cause les rapports de l’individu au collectif. Remise en cause qui est l’objet des textes de Hakim Bey, Eric S. Raymond, Lawrence Lessig ou John Perry Barlow. Cette vision commune est que la médiation par le réseau de connaissance (via la machine&#8230;) permet de rétablir un collectif plus soucieux de l’intérêt général que sans.</p>
<p>William Gibson est un héritier direct de la vision très sombre de Philip K. Dick ou de William Burroughs. Ses livres ont inspiré Orson Scott Card (notamment dans La Stratégie Ender), Dan Simmons (créateur du terme infosphere (voir son roman Hypérion)) ou encore Neil Stephenson dont le metavers présenté dans son roman Snow Crash a directement servi de modèle aux créateurs de Second Life. Tous ces auteurs, voire même H. G. Wells dont le roman <em>World Brain, the idea of permanent encyclopedia</em> présente une vision prémonitoire d’Internet, aurait leur place dans ce recueil, car tous ont eu une influence sur le développement d’Internet.</p>
<p>Gibson est le plus connu des auteurs cyberpunk, le meilleur représentant à la fois de ses prédécesseurs et de ceux qu’il a inspiré. De plus, ses derniers livres, moins brillant ou épiques que ceux des années 80 sont encore des réflexions sur le devenir du réseau.</p>
<p><strong>William Gibson</strong>,	Neuromancer,	1984,	Ace Books</p>
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		<title>Chris Anderson : « demandons-nous ce que la science peut apprendre de Google »</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 17:31:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Choisir ce texte pour cette sélection ne va pas de soi. Bien d’autres auraient pu lui être préférés. Et ce n’est pas pour son apport à l’édification d’Internet que le texte de Chris Anderson est important. C’est avant tout pour sa compréhension. Il éclaire sous un angle clair et concis l’immense ambition d’Internet.
Affirmer que le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Choisir ce texte pour cette sélection ne va pas de soi. Bien d’autres auraient pu lui être préférés. Et ce n’est pas pour son apport à l’édification d’Internet que le texte de Chris Anderson est important. C’est avant tout pour sa compréhension. Il éclaire sous un angle clair et concis l’immense ambition d’Internet.</p>
<p>Affirmer que le développement d’Internet va rendre superfétatoire le principe de causalité tel que nous le pratiquons dans les sciences depuis Newton, revient à se placer dans une perspective du type de celle d’un Emmanuel Kant évoquant la révolution copernicienne au moment où il s’apprête à fonder un nouveau paradigme de la connaissance avec sa Critique de la raison pure. Dire que nous avons assez de données pour nous contenter d’une corrélation sans avoir recours à une lourdeur formelle issue d’un édifice théorique dépassé comme le sont les sciences physiques, ça revient à dire que la question même de la vérité scientifique est caduque.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 645px"><img title="Chris Anderson, auteur de Free, et rédacteur en chef de Wired" src="http://www.freedomlab.org/wp-content/uploads/2007/05/anderson.png" alt="Chris Anderson, auteur de Free, et rédacteur en chef de Wired" width="635" height="380" /><p class="wp-caption-text">Chris Anderson, auteur de Free, et rédacteur en chef de Wired</p></div>
<p>Quand bien même Chris Anderson mesure et limite son propos, c’est bien de la confrontation des sciences expérimentales avec la société technologique qu’il s’agit. Cette dernière nous procure assez de données sur le réel pour trancher une bonne partie des questions qui auparavant auraient nécessité la mise en place d’un protocole d’étude scientifique. Avec Internet, si les datas sont disponibles en réseau, l’algorithme adéquat nous dira instantanément ce qu’il en est de l’énoncé : « tous les corbeaux sont noirs ». Et la question ne sera plus de savoir si l’énoncé est « vrai » ou « faux », mais s’il est vrai à x % ou y %.</p>
<h3>Collecter les données pour reconstruire le savoir</h3>
<p>Les chiffres, la mesure, l’observation, le réel ne sont plus la matière à produire de la science, mais la matière elle-même du savoir. Pour bien comprendre l’intention de Chris Anderson dans ce texte, il convient d’entendre Tim Berners-Lee parlant des « <em>raw data </em>» lors de son allocution la même année à la TED conference. TBL y affirme que la prochaine révolution d’Internet sont les « <em>linked data </em>», les données liées grâce auxquelles, il va dorénavant être possible d’obtenir des résultats dans la recherche contre le cancer ou les calculs astronomiques.</p>
<p>C’est le même genre de constat que feront l’été suivant, l’éditeur Tim O’Reilly et le journaliste John Batelle dans leur texte « <em>Le Web à la puissance 2 : le Web 2.0 cinq ans plus tard</em> ». Ils constatent en s’appuyant sur des exemples concrets que les capteurs actionnés directement ou non par les internautes mais dont les données convergent sur Internet permettent de construire toute sorte de modèles de connaissance nouveaux. Par exemple, certains sites donnant la parole aux patients sur leur maladie et les traitements qu’ils suivent peuvent aboutir à la construction de résultats cliniques meilleurs que ceux obtenus après les études classiques. Un autre exemple plus prosaïque est le suivi de la pandémie de grippe via les requêtes dans Google qui constitue également un bon outil de mesure.</p>
<p><strong>Chris Anderson</strong>,	<a href="﻿http://www.wired.com/science/discoveries/magazine/16-07/pb_theory" target="_blank">The End of Theory : The Data Deluge Makes the Scientific Method Obsolete</a>,	2008,	Wired</p>
<p><img class="qtl" title="Copy selction" src="http://www.qtl.co.il/img/copy.png" alt="" /><a title="Search With Google" href="http://www.google.com/search?q=Emmanuel%20Kant" target="_blank"><img class="qtl" src="http://www.google.com/favicon.ico" alt="" /></a><img class="qtl" title="Translate With Babylon" src="http://www.babylon.com/favicon.ico" alt="" /></p>
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		<title>John Perry Barlow, une maison pour l&#8217;esprit</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 17:20:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
				<category><![CDATA[recherches]]></category>
		<category><![CDATA[A Declaration of the Independence of Cyberspace]]></category>
		<category><![CDATA[Communication Decency Act]]></category>
		<category><![CDATA[cyberespace]]></category>
		<category><![CDATA[John Perry Barlow]]></category>
		<category><![CDATA[network neutrality]]></category>
		<category><![CDATA[une déclaration d'indépendance du cyberespace]]></category>

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		<description><![CDATA[Le poète a vu juste, du premier coup. En 1996, au moment où le Sénat américain vient d’approuver le Communication Decency Act (lié au fameux Telecom Act de la même année), stipulant entre autres choses que le fait de proférer des mots obscènes en ligne et ailleurs était passible de 250 000 dollars d’amende, John [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignleft" style="width: 410px"><img class=" " title="John Perry Barlow" src="http://www.lixiangzg.com/News/UploadFiles_8861/200907/2009072022524407.jpg" alt="John Perry Barlow" width="400" height="269" /><p class="wp-caption-text">John Perry Barlow</p></div>
<p>Le poète a vu juste, du premier coup. En 1996, au moment où le Sénat américain vient d’approuver le Communication Decency Act (lié au fameux Telecom Act de la même année), stipulant entre autres choses que le fait de proférer des mots obscènes en ligne et ailleurs était passible de 250 000 dollars d’amende, John Perry Barlow voit rouge. De sa plume alerte, il rédige un court texte à l’attention des gouvernements qui deviendra rapidement l’étendard de tous les libertaires et hackers du Web. Pour le tout juste retraité du Grateful Dead (dont il fut l’un des principaux paroliers de 1971 à 1995), ancien directeur de campagne de Dick Cheney en 1978, toucher à l’indépendance du Web est insupportable. Le Cyberespace est une « maison pour l’esprit » (Home of Mind), et les gouvernements n’ont pas voix au chapitre, c’est en substance le message de John Perry Barlow. Aussitôt dit, aussitôt adopté.</p>
<p>Cette déclaration d’indépendance a servi de pierre de touche aux débats ultérieurs qui ont agité le cyberespace. Elle a servi de soutien à la promotion du concept de network neutrality, dont l’expression simplifiée est le traitement égalitaire de tous les « paquets » de contenus sur Internet. Cette déclaration affirme également une hétérogénéité radicale entre les deux mondes. Ainsi, ceux qui espéreraient étendre leur règne économique ou politique sur Internet en seront pour leurs frais s’ils ne se plient pas aux règles du cyberespace.</p>
<h3>« <em>Nos identités n&#8217;ont pas de corps »</em></h3>
<p>Dans sa radicalité, John Perry Barlow ne s’est pas trompé. Et quand AOL-Time Warner a cru un instant dominer Internet, cette illusion s’est aussitôt évanouie. De même quand les gouvernements tentent de légiférer au-delà de leur prérogatives, les habitants du cyberespace veillent.<br />
Les mots de John Perry Barlow porteront leurs fruits puisque deux années après, la cour suprême des Etats-Unis invalidera le Communication Decency Act, évidemment incompatible avec le premier amendement de la Constitution Américaine.</p>
<p>Le texte, relativement facile d’accès, n’en est pas moins riche. Et beaucoup d’affirmations en apparence gratuites se sont révélées juste des années plus tard. Concernant l’identité numérique, cette affirmation de John Perry Barlow trouve au moins une expression concrète dans le succès de Wikipedia ou la fronde des utilisateurs de Facebook face aux nouvelles conditions générales d’utilisations qu’on a tenté de leur imposer début 2009.</p>
<p style="padding-left: 30px;">« <em>Nos identités n&#8217;ont pas de corps; ainsi, contrairement à vous, nous ne pouvons obtenir l&#8217;ordre par la contrainte physique. Nous croyons que l&#8217;autorité naîtra parmi nous de l&#8217;éthique, de l&#8217;intérêt individuel éclairé et du bien public.</em> »</p>
<p><strong>John Perry Barlow</strong>,	<a href="http://homes.eff.org/~barlow/Declaration-Final.html" target="_blank">A Declaration of the Independence of Cyberspace</a> (Bonne <a href="http://www.freescape.eu.org/eclat/1partie/Barlow/barlowtxt.html" target="_blank">VF</a>),	1996</p>
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		<title>Lawrence Lessig : les creatives commons sont les choses les mieux partagées</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 16:49:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Prud'homme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Professeur de droit à Harvard, enseignant les « lois du cyberespace », Lawrence Lessig est un pionnier, il est le premier juriste a avoir créé du droit en proposant aux internautes d’adopter de nouvelles règles de protection des oeuvres. Lawrence Lessig est connu pour être l’inventeur et le promoteur des licences Creative Commons en passe de devenir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Professeur de droit à Harvard, enseignant les « lois du cyberespace », Lawrence Lessig est un pionnier, il est le premier juriste a avoir créé du droit en proposant aux internautes d’adopter de nouvelles règles de protection des oeuvres. Lawrence Lessig est connu pour être l’inventeur et le promoteur des licences <em>Creative Commons</em> en passe de devenir un standard chez les amateurs qui ne font pas enregistrer leurs œuvres auprès des syndicats ad hoc. Lessig fonde son raisonnement sur une opposition entre les pratiques de la côte Est (<em>East Code</em>) et celles de la côte Ouest (<em>West Code</em>) des Etats-Unis. A l’Est se tient le siège de l’autorité juridique classique, donc, par conséquent, celle qui protège les droits et la propriété intellectuelle des majors. A l’Ouest, Lessig constate l’émergence d’une nouvelle forme de codes, celle qui naît de l’écriture de programme informatique. L’informatique permet de codifier les échanges entre machines, donc individus, d’empêcher ou d’autoriser telle transaction selon des règles fixées par la communauté d’utilisateurs.</p>
<h3><img class="alignright" title="Lawrence Lessig" src="http://codev2.cc/images/lessig-column.jpg" alt="" width="210" height="607" />Des lois du cyberespace&#8230;</h3>
<p>Le travail de Lessig fait écho aux écrits de Hakim Bey car il reprend l’idéal pirate (ou anarchiste, pour parler en des termes plus « européens ») – ainsi paraphrasé par Lessig : « We reject : kings, presidents and voting. We believe in : rough consensus and running code » &#8211; mais en en explicitant l’actualité : « government <em>would</em> not regulate cyberspace [because] government <em>could</em> not regulate cyberspace ».</p>
<p>Il n’y a de choix que dans la mesure où la régulation par le code juridique n’a plus la même efficience que dans la régulation des affaires du monde physique. Le choix de Lessig est de poser une forme d’équivalence entre code juridique et code informatique. Et de faire de cette équivalence une forme politique. En ce sens, Lessig fait le lien entre les hackers comme Hakim Bey, Eric S. Raymond ou Richard Stallman et les usagers comme John Perry Barlow et sa déclaration d’indépendance du Cyberespace.</p>
<h3>&#8230; aux nouvelles lois de la culture</h3>
<p>Mais le propos de Lessig va beaucoup plus loin encore. Ses cinq ouvrages (Code, The Future of Ideas,  Free Culture, Code V2 et Remix) explorent les modes de transformation de la culture humaine au-delà des règles connues. Sa conception de la culture en réseau relie entre elles toutes les couches présentes dans ce recueil : celle de l’idéal bricoleur de Vannevar Bush (« il existe une machine qui&#8230; »), celle des machines communicantes de J.C.R. Licklider (« il existe un langage qui&#8230; »), celle des réseaux de machines de Vinton Cerf (« il existe un réseau qui… »), celle des liens et des pages de Tim Berners-Lee (« il existe une toile&#8230; »), donnant à cet ensemble un liant que l’on retrouve exprimé chez Hakim Bey ainsi : « “la culture est notre nature”, et nous sommes les chasseurs/cueilleurs du monde de la TechnoCom ».</p>
<p>Lawrence Lessig, ancien assistant d’un juge à la cour suprême des Etats-Unis, vient comme par anticipation offrir la reconnaissance de Washington à ce nouvel état, issu de la Silicon Valley, un état dont l’indépendance se prouve par le fait qu’il promulgue lui-même les nouvelles lois de la culture. Bien entendu la lecture de Lessig est polémique, mais elle offre à ces « batailles de l’Internet » des clefs de lecture inédites issues de la philosophie du droit, et ajoute un degré de profondeur au débat sur la propriété intellectuelle trop souvent binaire. Il n’est pas non plus complètement déplacé de voir en Lessig, un Jefferson ou un Madison de l’Internet. Comme eux, il aura tenté de forger les nouveaux outils de la liberté qu’il promeut.</p>
<p><strong>Lawrence Lessig</strong>,	<a href="http://codev2.cc/" target="_blank">Code V2</a>, 	1999, 2006,	Basic Books</p>
<p><img alt="" /><img alt="" /><img alt="" /></p>
<p><img alt="" /></p>
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